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Simon Perot

La fée dénudée par ses consommateurs même

Photos Bruno Babel, Centre Mondial de la Paix, 2014

La fée électricité, c’est un peu comme l’énergie magique ! On ne sait plus faire sans mais on ne sait pas non plus vraiment comment elle fait. On s’en fche, ça marche et c’est féérique le monde électrique !

On connaît la prise, cette espèce de cordon ombilical énergivore, le bouton, le truc où tu appuies pour que ça marche ou que ça coure. C’est à peu près tout ce qui ressort de nos belles boîtes-objets. Ça et les bidules qui clignotent, même que c’est joli ! Bon après, les entrailles, ce qu’ils cachent dedans, on s’en fiche, tant que ça marche ! Et puis s’il est malade, pas besoin d’aller voir le toubib, c’est plus facile et surtout moins cher d’en avoir un nouveau ! Un peu comme les voitures (mais elles, on pourrait presque croire qu’elles sont devenues hypocondriaques).

Et puis on passe un temps phénoménal devant ces machins-là, pourtant c’est pas pour autant qu’on sait comment ils fonctionnent…

Alors oui ! Pourquoi pas un luminaire qui parle un peu de comment ça marche, ou qui le montre simplement, qui s’intéresse à l’esthétique de ce qui y est caché et qui le met sous cloche. Comme une curiosité faite des réseaux et des cités que la fée tisse, juste de ce qu’il y a ! Des fils, des cordons, des boutons et de la lumière.

Les chimères de la création, la création des chimères

verre soufflé, os

photos : François Golfier, 2014

La création est chimérique. L’idée n’est pas du monde réel, elle appartient au domaine de l’abstraction. Par une transmigration volontaire, le créateur matérialise des idées. Il transmue l’idée du fantastique au réel. Mais l’objet n’est pas l’idée, il n’en est que la trace, le signe et le médium.

Les restes de la chimère, son squelette transparent reflètent, au-delà de sa présence défunte, son existence dans l’imaginaire.

L’art se situe à la jonction de ces deux mondes : une œuvre figée est un bouillonnement d’idées sans cesse réinterprété. L’œuvre apparaît alors comme un miroir à notre conscience et à notre réalité. Néanmoins, elle nous amène aussi de l’autre côté de ce miroir.

Et si le miroir est le même, chacun y verra un reflet différent. Le monde moderne tend au synchronisme des idées ou en d’autres termes, à un reflet unique. On enterre l’idéodiversité pour se complaire dans un système digestif (mâcher/recracher) spirituel. Alors l’idée devient propriété…

Pourtant les idées sont bien vivantes : elles s’accouplent, se génèrent, s’entrecroisent, mutent et se renouvellent. Si la chimère existe idéalement, à qui appartient-elle alors ? N’est-elle pas à personne et en chacun, sous un apparat différent ?

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perosimo@gmail.com